CV et lettre de motivation - 1
03/05/2009
La rédaction des CV et lettre de motivation est un exercice difficile, même dans sa langue maternelle, et il va sans dire que la tâche est tout aussi ardue en japonais, avec la difficulté supplémentaire pour un étranger de devoir se familiariser avec les nombreuses expressions et tournures spécifiques.
S'il y a, comme chez nous, deux documents à rédiger, ils ne sont pas à proprement parler l'équivalent de nos CV et lettre de motivation : il s'agit des 履歴書 (rirekisho) et 職務経歴書 (shokumukeirekisho) que, pour des raisons pratiques, j'ai décidé de présenter en deux parties, je commence par le rirekisho.
S'il recense littéralement l'"histoire personnelle" du candidat, le rirekisho a quelques particularités qui le distinguent de notre cher CV :
- Traditionnellement, il doit être écrit à la main et bien que cela ait tendance à diminuer avec l'augmentation des possibilités de candidature en ligne, cette méthode reste préférable lors d'une candidature spontanée par courrier classique. Il est également d'usage d'écrire au stylo-plume et ce n'est pas qu'une lubie : il est vrai que c'est nettement plus facile et le rendu obtenu est beaucoup plus propre (je ne suis toutefois pas sûr que ce soit au goût des gauchers !...). En contrepartie, la moindre faute impose de tout reprendre à zéro, ce qui est particulièrement frustrant lorsque ça se produit sur une des dernières lignes !...Ça m'est arrivé plus d'une fois...
- Il ne s'écrit pas sur papier libre, mais sur un formulaire standard disponible dans n'importe quelle papéterie ou 100-yen shop. Il n'existe heureusement pas qu'un format unique mais plusieurs formats différents, la taille des rubriques respectives variant pour gérer les différents types de profil. Je pense notamment aux personnes dont les atouts se situent plutôt dans les activités extra-professionnelles. Pour la taille en elle-même, c'est soit du B5, soit du A4.
- Il ne contient pas le descriptif des expériences professionnelles passées mais uniquement les dates, et à l'inverse il contient certains détails spécifiques comme par exemple le salaire désiré.
Voici donc le rirekisho que j'ai utilisé en juillet 2007 lorsque je cherchais du travail, rubrique par rubrique (j'ai volontairement rendu certaines parties floues). Commençons par un aperçu global :

En haut à gauche, les classiques nom, date de naissance, sexe, adresse et coordonnées :

Notez qu'entre parenthèses, à droite de mon nom, le kanji 仏 indique que je suis français, chaque pays ayant en effet un kanji qui lui est associé.
Je digresse sur la manière dont l'année est écrite : bien qu'étant né en 1975, j'ai écrit 昭和50年, c'est-à-dire "année 50 de l'ère Showa" car au Japon, le calendrier est particulier. Au lieu de se baser sur l'ère chrétienne, le comptage repart à zéro à chaque nouvel empereur. Ainsi, 2009 est l'année 21 de l'ère Heisei (平成). Vous trouverez plus de détails sur cette page par exemple.
Les Japonais savent évidemment aussi utiliser le calendrier occidental et en pratique, les deux systèmes coexistent, bien que le système japonais soit prédominant dans les documents officiels.
J'en profite pour énoncer aussi quelques évidences concernant la photo : le costume est de rigueur, les couleurs de la chemise et de la cravate doivent rester sobres, une chemise blanche étant la norme, et il est préférable qu'elle soit prise par un professionnel plutôt qu'au photomaton du coin.
Tout en haut, au dessus du cadre, il ne faut pas oublier d'inscrire la date du jour, ce que je n'ai pas encore fait sur l'exemple présenté.
La rubrique suivante sert à indiquer les grandes dates de son parcours scolaire et professionnel. Remarquez qu'on commence par l'école primaire ! La plupart des établissements sont listés deux fois afin d'indiquer les dates d'entrée et de sortie :

Le parcours professionnel étant listé de la même manière, je ne le détaille donc pas, j'en reparlerai probablement dans la partie suivante de ce billet.
Le cadre qui suit permet d'indiquer les qualifications extra-professionnelles :

La première ligne précise que j'ai un permis de conduire français (pour info, France s'écrit フランス en japonais). Sinon, c'est pour la forme que j'ai mentionné le niveau 3 du JLPT que j'avais obtenu avant de venir au Japon, car ça ne vaut rien pour un employeur. Sur la dernière ligne, j'ai précisé que j'étudiais en vue de passer le niveau 1.
Voici les deux derniers cadres :

Ils contiennent respectivement :
- une phrase de motivation (qui se limite à de grossières généralités vu le peu de place disponible !), les loisirs et autres. Dans mon cas, j'ai précisé sur la dernière ligne que, ma mère étant japonaise, je dispose déjà d'un visa, manière détournée de dire à mon employeur potentiel qu'il n'aura pas besoin de faire de démarches de ce côté-là.
- les type de poste (職種, j'ai mis "ingénieur système" mais c'est un terme un peu fourre-tout), salaire (給料, mystère...), lieu de travail (勤務地, Nagoya même !) et date de début (可能日, 1er novembre) désirés.
Il ne faut pas non plus oublier d'indiquer la distance jusqu'au lieu de travail (5 minutes dans mon cas), le statut marital ainsi le nombre de personnes à charge :

La suite dans le prochain billet...
Catégorie : Travail
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