Thème

Choisissez un thème :

(nécessite que les cookies soient acceptés)

Contact

Email : tartoaujapon@gmail.com

MSN : blondeauh@hotmail.com

Tel portable :
080-3633-0853

Skype : blondeauh

Billets

Nouvelles procédures d'entrée

Catégorie : Vie pratique

29/04/2008

Après un voyage d'affaires de dix jours en France (ou, pour être plus précis, 4 jours de travail et 6 de vacances !), je suis rentré au Japon il y a une semaine et ai dû me plier aux nouvelles procédures d'entrée en vigueur depuis novembre 2007. J'y avais échappé de justesse l'an dernier car j'étais revenu début octobre, mais là c'est terminé.

Désormais, tout étranger souhaitant pénétrer au Japon doit accepter de fournir ses empreintes digitales ainsi que sa photo, et éventuellement d'être soumis à un entretien. Chaque poste de contrôle des passeports est donc équipé d'un appareil photo tout neuf et d'une machine pour enregistrer les empreintes des index. Je n'ai évidemment pas photographié l'équipement...

Cette procédure ralentit évidemment le passage des contrôles, puisqu'il faut compter environ 20 ou 30 secondes supplémentaires, un délai court en soi mais loin d'être négligeable quand on multiplie par le nombre d'entrants. A moins d'une augmentation du nombre de postes de contrôle, j'imagine que les files d'attente vont s'allonger significativement. D'autre part, et ça c'est franchement lourd, la procédure doit être effectuée à chaque entrée, pas seulement la première fois : imaginez qu'à chaque fois que vous allez au Japon, vous devez vous retaper la totale !...

Mais plus important que la vitesse de passage, la première question qui vient à l'esprit est : pourquoi ? La raison officielle de la mise en place de ce nouveau système est la lutte anti-terroriste : d'après le gouvernement, le Japon ayant soutenu les Etats-Unis en Iraq et en Afghanistan a des risques d'être pris pour cible...Soit. Mais concrètement, en quoi le fait de prendre des empreintes et une photo va prévenir les attaques terroristes ? Autrement dit, que vont apporter les nouvelles mesures en pratique ? J'ai bien envisagé quelques cas :

- identification rapide à partir d'empreintes retrouvées sur une scène de crime (s'il s'agit d'un étranger...)

- identification des personnes tentant d'entrer plusieurs fois au Japon sous différentes identités

- comparaison automatique des données biométriques avec des bases de données internationales

Si vous avez d'autres idées n'hésitez pas à m'en faire part.

Du côté des critiques, elles ont bien évidemment été nombreuses. Sans parler des risques d'abus (réutilisation ou transmission frauduleuse des données à des tiers etc), dans la mesure où ceux-ci sont inhérents à tout système, les principaux points soulevés ont été les suivants.

D'abord, ce traitement consiste à considérer chaque étranger comme une menace potentielle, puisque les Japonais ne sont pas quant à eux pas soumis à ces contrôles. Cette ségrégation n'a déjà aucun fondement empirique. En effet la seule attaque significative commise dans les dernières décennies, à savoir l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995, a été perpétrée par Aum...une secte japonaise ! En se basant là-dessus, il faudrait plutôt recenser les empreintes des citoyens Japonais...

Il n'y a pas non plus d'élément concret laissant supposer une attaque prochaine et, par conséquent, justifiant la nécessité de ce genre de prévention, car soyons cyniques et reconnaissons que les Etats-Unis sont bien avant sur la liste d'attente. Tout ça ne signifie évidemment pas que le Japon est complètement à l'abri et qu'il ne se produira jamais rien, mais simplement qu'aucun élément tangible ne justifie ces mesures.

Ensuite, cela ne peut qu'avoir un effet négatif sur le tourisme : même si la plupart des visiteurs potentiels ne vont pas se formaliser outre mesure, pas besoin d'être un génie pour comprendre qu'un certain nombre de gens vont tout de même préférer choisir une destination qui ne les considère pas par défaut comme des terroristes potentiels.

Et enfin, des inquiétudes ont également été soulevées sur le plan des affaires : facile d'imaginer qu'un businessman effectuant des aller-retours fréquents accepte mal le fait de devoir se farcir de longues files d'attente à chaque entrée. Surtout que d'autres pôles du business international, comme Hong Kong ou Singapour, n'ont pas les mêmes lourdeurs...

Mais le comble, c'est que la prise des empreintes digitales était en vigueur dans le passé et a été supprimée en 1999 suite à des années de lutte des résidents étrangers. Et voilà qu'ils remettent le couvert sous prétexte de terrorisme...

Aucun commentaire

Les commentaires seront de retour bientôt, en ce moment j'étudie les différentes options et analyse le type de spam que je reçois

Nom :

Url (facultatif) :

Commentaire :