Sumo
Catégorie : Loisirs
13/08/2007
Avec environ 1500 ans d'histoire, le sumo est issu d'une longue tradition. Au-delà du côté sportif, ses origines sont religieuses et les premiers combats étaient des rituels destinés aux dieux dans le but d'obtenir des récoltes prospères. Initialement, il n'y avait pas vraiment de règles et tous les coups étaient plus ou moins permis mais comme tout sport, les règles ont petit à petit évolué jusqu'à leur forme actuelle.
Aujourd'hui, le sumo se pratique sur un ring appelé dohyo et les règles sont d'une simplicité absolue. Le lutteur qui sort du dokyo ou qui pose à terre n'importe quelle partie du corps autre que ses pieds perd le match. En outre, il n'y a pas de catégorie de poids, un combattant peut donc être confronté à un adversaire beaucoup plus lourd que lui. Certes, vous me direz que ça ne change rien puisque tous les combattants sont énormes...mais il y a énorme et ÉNORME et entre deux gros bébés de 110 et 170 kilos, il y a quand même un monde !
Perso, je suis loin d'être un fan mais j'avais envie d'aller au moins une fois voir des combats. Toutefois les occasions sont rares, dans la mesure où il n'y a que six tournois majeurs par an. Mais j'ai eu du bol : un des tournois a lieu à Nagoya, en juillet et à 5 minutes seulement de mon appartement, j'ai donc saisi l'occasion !
Un tournoi dure une quinzaine de jours et chaque combattant affronte un adversaire différent chaque jour. Le vainqueur est celui qui obtient le meilleur ratio victoires-défaites et à l'issue de chaque tournoi, le classement des lutteurs est mis à jour. Le titre suprême est celui de yokozuna. Contrairement à une idée reçue, il ne correspond pas à un titre de champion tel qu'il existe dans la plupart des sports. Je m'explique : pour devenir yokozuna, un combattant doit d'abord atteindre le rang d'ozeki (deuxième grade le plus élevé). Il doit ensuite remporter deux tournois d'affilée, ce qui est, vous vous en doutez bien, extrêmement difficile à réaliser. Il devient alors éligible au titre de yokozuna et c'est ensuite une commission qui décide de lui attribuer ou non le titre. Outre la régularité des performances en tournoi, la personnalité du lutteur est également prise en compte. En effet, le sumo est à mi-chemin entre sport et tradition et à ce titre, son représentant le plus illustre se doit d'incarner des valeurs morales en plus de ses qualités de combattant. D'autre part, un yokozuna ne peut pas être rétrogradé même s'il obtient par la suite de piètres résultats. Dans ce cas, on attend généralement qu'il prenne sa retraite de sa propre initiative. Au vu de ces critères, il peut théoriquement y avoir plusieurs yokozunas. En pratique c'est bien sûr extrêmement rare, mais c'est justement le cas en ce moment puisque deux lutteurs Mongoles, Asashoryu et Hakuho, se partagent le titre suprême.
Où sont les Japonais dans tout ça ? Dur à dire...Ces dernières années, le sumo s'est internationalisé et les lutteurs étrangers ont commencé à conquérir les titres de haut niveau. Le Japon attend encore son digne représentant qui prendra la relève...mais ça ne semble pas être pour sitôt...
Avec mes potes, on est arrivé assez tôt, y'avait encore plein de places libres :


Mais comme nous sommes de gros étudiants radins, nous n'avons pas payé pour les places avec coussin et on s'est retrouvé assis au fond sur des strapontins.
Ensuite ça s'est rempli petit à petit, jusqu'à l'entrée en scène et la présentation des lutteurs :


Pour finir avec un rituel effectué par les yokozunas :

Et ensuite, place aux combats !!! Bon concrètement, le sumo, faut reconnaître que ça peut être assez chiant à regarder. Déjà, il y a tout un cérémonial avant chaque match. Le voir une fois c'est sympa, 20 fois ça devient...comment dire...Ensuite, une fois que les lutteurs se sont mis en position et qu'on croit que l'action va commencer, ils font brusquement une pause, refont une partie du cérémonial et se remettent en place...pour ensuite refaire une pause, etc, le tout pouvant durer quelques minutes...En fait, tout ce rituel est là pour faire monter la tension psychologique entre les combattants, jusqu'au moment où ils sont prêts à se lancer...mais à regarder, quand on n'est pas un aficionados, c'est pas vraiment passionnant. Et pour finir, rares sont les combats à suspense, le plus souvent c'est terminé en trois coups de cuillère à pot, concrètement un match qui dure 20 secondes est particulièrement long !...Mais on ne va pas voir du sumo comme on assiste à un match de tennis. Le sumo se regarde de manière moins intensive, plus décontractée. Moi j'étais avec des potes, on discutait et on rigolait tranquillement, on regardait les actions quand il y en avait, et de temps en temps je me levais pour aller faire un tour. Et c'est pareil pour tout le monde : les gens discutent, boivent, vont à droite à gauche, bref l'ambiance est plutôt relax et ça s'enflamme uniquement pendant les combats.
Bien sûr, certains combats valent vraiment le coup d'oeil : longs et riches en rebondissements, on est tenu en haleine jusqu'au bout. Et on ne peut qu'admirer la souplesse et la rapidité que possèdent les lutteurs au vu de leur poids. Leur force est aussi colossale, j'ai vu quelques combats où un des lutteurs soulevait littéralement son adversaire pour l'emmener à l'extérieur du ring. Quand on sait que l'adversaire en question pèse un bon 150 kilos...
A part ça, le sumo est-il populaire au Japon ? Et bien...oui et non ! Il est suffisamment populaire pour être diffusé à la télévision, mais je n'ai pas l'impression qu'il ait un franc succès auprès des jeunes, d'ailleurs ça se reflète dans les spectateurs et je n'ai pas vraiment vu de groupes de jeunes à part les étrangers comme moi et mes potes, certainement plus attirés par la curiosité que par la passion.
Voici quelques photos pour vous montrer la symbolique des différents mouvements.
Les combattants s'essuient pour purifier symboliquement le corps et l'esprit :

Puis ils jettent du sel pour purifier le dohyo :

Après avoir frappé dans leurs mains pour attirer l'attention des dieux, les combattants écartent les bras, paumes en l'air pour montrer qu'ils ne cachent pas d'arme :

Le mouvement suivant est très connu. Les lutteurs lèvent la jambe et viennent ensuite frapper le sol, le choc éloignant les démons du dohyo :

En position pour le combat :

Hop, une petite pause :



On se remet en place :


Cette fois c'est parti :

Les genoux à terre, c'est perdu :

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